Trump veut vraiment couper l’aide aux Palestiniens et au Liban© By Marc, Extrait JForum Newsletter nº1113

Trump est sérieux quand il dit vouloir réduire l’aide aux Palestiniens et au Liban dominé par le Hezbollah

Les dirigeants palestiniens de Ramallah ont tort de supposer que le Président Donald Trump n’a pas sérieusement l’intention de réduire, voire de suspendre, l’aide américaine. Il pensait exactement ce qu’il disait quand il a tweeté mercredi 3 janvier : nous versons aux Palestiniens (et à d’autres) des centaines de millions de dollars par an et nous n’obtenons même pas leur considération ou leur respect.

“Ils ne veulent même pas négocier, et ce, depuis longtemps,  le moindre traité de paix avec Israël. Nous avons retiré la question de Jérusalem de la table des négociations, la partie la plus difficile à traiter, et Israël devrait avoir de lourdes compensations à payer  pour cela”, se demande t-il de façon rhétorique : “Mais les Palestiniens ne veulent plus (entendre) parler de paix, pourquoi devrions-nous leur faire autant de cadeaux financiers à l’avenir?”

Debkafile souligne que, tout premier lieu, Donald Trump est toujours sérieux quand il parle d’argent et, en second lieu, qu’il est prêt à brandir cette menace sur les programmes d’aide américaine, pas seulement à Ramallah (et au Pakistan), mais dans tout le Moyen-Orient. Des pays et des organisations, même légèrement contaminés par l’influence iranienne, sont particulièrement pointés du doigt.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah n’a pas été long à le comprendre. Dans son discours de mercredi soir, il a souligné que l’Iran et sa propre organisation financent la lutte palestinienne pour Jérusalem. Il a dévoilé l’existence d’une rencontre récente qu’il a tenue à Beyrouth, avec Azzam Al-Ahmed du Fatah, l’envoyé spécial du Président de l’AP, Mahmoud Abbas, dans les négociations avec le Hamas.

Dans son discours, il a mis quatre points en exergue, qui constituent la réplique de Téhéran à Trump :

  1. Les Palestiniens n’ont aucune raison de s’inquiéter. Ils peuvent compter sur l’Iran et le Hezbollah pour combler le déficit résultant de la réduction de l’aide américaine.
  2. Les négociations de réconciliation Fatah-Hamas dont l’Egypte est le médiateur dépendent par-dessus tout du bon vouloir du Hezbollah quant aux décisions prises par le Hamas.
  3. Même Abbas est obligé d’en tenir compte, et c’est pourquoi il n’a pas d’autre choix que d’envoyer son représentant en réunion secrète avec le chef du Hezbollah. Puisque le commandant en second du Hamas, Salah Al Arouri a déjà passé du temps avec Nasrallah, avant de se rendre en visite à Téhéran, Abbas pense qu’il ferait mieux de placer son parti et l’Autorité Palestinienne à Ramallah, sur un pied d’égalité avec le Hamas vis-à-vis de Téhéran.
  4. Comme l’Iran et le Hezbollah financent le Hamas et le Djihad Islamique dans le combat contre Israël, dans la Bande de Gaza, ils appuient aussi la lutte des Palestiniens pour Jérusalem. Cela a pour effet de marginaliser la Jordanie. Que cette description de la situation corresponde ou pas à la vérité, la rhétorique de Nasrallah a produit une certaine impression sur l’opinion des Palestiniens et du monde arabe en général.

Jusqu’à très récemment, certains responsables de l’Administration américaine étaient certains d’être parvenus à préserver le Président libanais Michel Aoun et l’armée libanaise de l’orbite irano-hezbollahie. Trump ne prenait pas cette hypothèse au sérieux et a agi pour la neutraliser, dans le calcul de l’administration.

Il a intégré Andrew L. Peek au Département d’Etat en tant qu’assistant du Secrétaire d’Etat couvrant les questions de l’Iran et de l’Irak. Peek, qui n’a pas de passé diplomatique, est issu des renseignements militaires américains, un univers qui n’a jamais partagé la patience du Département d’Etat envers l’Iran et le Hezbollah. Sa nomination a rapidement suscité une réévaluation du programme d’aide économique et militaire pour le Liban, au sein de l’administration.

Ces mesures se sont conjuguées avec une volonté d’action politique contre l’établissement d’un pacte entre le président Aoun et Nasrallah, qui risquerait d’offrir une majorité  parlementaire à ce tandem pro-iranien, au cours des prochaines élections au Liban. Il a aussi été décidé de suspendre le soutien américain à l’armée libanaise, étant donnée son actuelle mise sous tutelle par le Hezbollah.

Le Président Trump envisage des mesures similaires envers Bagdad, afin de réduire la domination iranienne parmi les cercles dirigeants d’Irak.

Au regard de la politique de l’Administration Trump au Moyen-Orient, qui converge globalement avec les préoccupations sécuritaires d’Israël, l’attitude adoptée envers le Hamas, par le Ministre de la Défense Avigdor Lieberman et le chef d’Etat-Major de Tsahal, le Lieutenant-Général Gady Eisenkot, devient incompréhensible. A l’heure où Washington serre la vis aux amis, aux pions et aux supplétifs anti-israéliens de l’Iran au Moyen-Orient, les dirigeants chargés de la sécurité d’Israël parlent indirectement au Hamas.

Ils pensent pouvoir amadouer les chefs de cette organisation terroriste financée par l’Iran et la pousser à arrêter les tirs de roquettes et d’obus de mortier depuis Gaza qui assaillent Israël presque quotidiennement. Pire encore, ils emploient, au titre de leurs principaux intermédiaires, des responsables locaux de l’UNRWA, qui sont notoirement hostiles à Israël et appartiennent à un organisme de l’ONU pris pour cible par l’administration Trump pour réduire l’aide qui lui est généreusement accordée par les Etats-Unis. Ils sont assistés en cela par l’envoyé de l’ONU au Moyen-Orient, le Bulgare Nikolay Mladenov.

Ces négociations de coulisse n’ont guère été porté leurs fruits, jusqu’à présent. Le Hamas a  peine consenti à ce que ses propres terroristes s’abstiennent de tirer des roquettes, mais qu’ils ferment les yeux, lorsque des factions terroristes sous-traitantes font décoller des roquettes, tant que le débit reste celui du goutte à goutte. Etant donnés ce maintien des contacts avec le Hamas, il est difficile qu’Israël crie au scandale quand un responsable palestinien rencontre son ennemi le plus féroce, Hassan Nasrallah. Pendant ce temps, les tirs -considérés comme- “modérés” de roquettes continuent d’être vécus comme un fléau constant pour des centaines de milliers d’Israéliens qui tentent bon gré mal gré de poursuivre une vie aussi normale que possible.

Adaptation : Marc Brzustowski.

P.S : La relative “tolérance” de l’Etat-Major vis-à-vis du Hamas, mis en garde, mais jamais sur le point d’être éradiqué semble provenir d’un jeu d’équilibre, à l’encontre du Djihad Islamique et des groupes salafistes liés à l’Etat Islamique dans le Sinaï, qui, par des vidéos d’exécution de membres favorables au Hamas, vient de déclarer la guerre à ce groupe islamiste palestinien. Ce sont, finalement, les accords sécuritaires avec l’Egypte qui priment, dans une stratégie d’élimination à moyen terme des groupes réputés les plus destructeurs, selon l’adage du “Diable que l’on connaît t celui que l’on ne connaît pas”. 

TRUMP IS SERIOUS ABOUT SLASHING AID TO PALESTINIANS AND HIZBALLAH-DOMINATED LEBANON

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